Une nouvelle liqueur d'agrumes signée par une distillerie bourguignonne
La maison Pegasus, distillerie biologique installée à Meursault et fondée en 2021 par Maxime Girardin, a dévoilé en avril 2026 sa quatrième création : Eau d'Or, une liqueur d'agrumes biologique titrée à 23 % vol. Le format est posé d'emblée — 70 cl, 39,90 € en prix marketing conseillé, distribution en réseau cavistes — et l'inscription dans la dynamique low ABV est revendiquée comme l'un des axes structurants du produit.
Le projet s'éloigne de la matrice habituelle des liqueurs d'agrumes du marché. Pas de Limoncello sicilien, pas de triple sec sucré, pas de curaçao coloré : Eau d'Or s'appuie sur trois ingrédients clefs — citron, orange amère et fleur d'oranger — issus de la région de Menton, sur la Côte d'Azur. La couleur est naturelle, sans ajout de colorant, et le dosage en sucre est contenu à 160 g/L, soit nettement en deçà des 250-300 g/L que l'on rencontre dans la plupart des liqueurs d'orange du segment.
Trois agrumes mentonnais comme signature aromatique
Le choix de Menton n'est pas anodin. La région a obtenu une IGP citron de Menton en 2015 et concentre quelques-uns des derniers vergers d'agrumes de France métropolitaine. La densité aromatique des fruits, la lumière hivernale et la pratique de la cueillette à maturité — souvent manuelle — produisent une matière première dont le rendement parfumé est élevé, en particulier sur les zestes. Pour Eau d'Or, le citron apporte l'éclat, l'orange amère structure la trame en bouche, et la fleur d'oranger nuance l'ensemble par une dimension florale.
Cette ligne aromatique tire son inspiration de la Côte d'Azur et du registre solaire de la French Riviera. Le profil de dégustation revendique une couleur or ambré, un nez « léger, zesté et floral », un palais « juteux » équilibré par une amertume mesurée et une finale persistante portée par la fleur d'oranger. La maison tient à marquer une distance avec les codes laudatifs habituels du segment — pas de surenchère sur la concentration ni de mise en avant d'un producteur exclusif —, en concentrant son discours sur la précision aromatique.
Macération dynamique et distillation pot still : le procédé technique
Au-delà du sourcing, la singularité d'Eau d'Or tient à son procédé. La distillerie a développé un dispositif de macération dynamique sur 18 heures, avec jusqu'à cinq cycles de passage des agrumes dans l'alcool. L'opération vise à extraire les huiles essentielles et les composés aromatiques de manière contrôlée, sans recourir aux extractions à froid pratiquées sur la plupart des liqueurs grand public.
Cette macération est suivie d'une distillation de 12 heures en pot still, technique plus lente et plus coûteuse que la colonne continue, mais qui permet de préserver la fraîcheur des agrumes et d'éviter le profil cuit que produisent souvent les distillations à plus haute température. Le choix de la pot still est cohérent avec la philosophie de la maison, qui équipe par ailleurs son site bourguignon d'alambics cubiques iStill — technologie néerlandaise reconnue pour la finesse de son extraction. La réduction au degré final est ensuite menée goutte à goutte, avec une eau souterraine puisée à plus de 130 mètres dans une faille calcaire.
Une expression low ABV pour la culture apéritive
Le titre alcoométrique d'Eau d'Or — 23 % vol. — la situe sous le seuil habituel des liqueurs d'agrumes (40 %) et des amers (entre 20 et 30 %). L'écart est volontaire et s'inscrit dans une tendance documentée : les ventes de spiritueux à degré modéré ont progressé sur le marché français ces dernières années, sous l'effet d'une consommation plus diurne et d'un rééquilibrage des cartes de cocktails autour des spritz et highballs faiblement dosés. Le faible niveau de sucre — 160 g/L — accompagne cette logique : la liqueur se diffuse plus facilement dans des bases peu structurantes (eau pétillante, tonic, champagne) sans alourdir la bouche.
Le positionnement est explicitement orienté vers les occasions de journée : brunch, apéritif d'après-midi, golden hour. Pegasus présente Eau d'Or comme une alternative au Bellini ou au Mimosa en accord avec le champagne, et propose deux signatures pour les services en terrasse.
Golden Spritz et Golden Tonic : les deux signatures de la maison
Le Golden Spritz est construit sur un ratio simple : 6 cl d'Eau d'Or, 8 cl de champagne brut, 3 cl d'eau pétillante. Le service se fait en verre à spritz rempli de glace, garni d'une tranche d'orange. La recette assume la filiation avec le Bellini ou le Mimosa, en déplaçant l'accent du fruit pulpeux (pêche ou orange pressée) vers le zeste et la fleur d'oranger. La dilution mesurée préserve l'intensité aromatique du citron sans la noyer.
Le Golden Tonic est plus minimal encore : 6 cl d'Eau d'Or, 10 cl de tonic, en highball avec un zeste d'agrume. Le profil tire vers le gin tonic faiblement amer — le quinquina du tonic prolongeant l'orange amère de la liqueur — mais avec une lecture plus zestée et plus ronde. La carte est volontairement courte : deux serves, deux verres, deux niveaux d'amertume.
À partir de début juin et jusqu'à la fin de l'été 2026, Eau d'Or sera servi sur deux terrasses parisiennes signalées par la maison : la rooftop du Perchoir Porte de Versailles (75015) et le site des Étangs de Corot (Ville-d'Avray, 92410), où la guinguette estivale prolonge l'offre cocktails de l'établissement durant la saison. Ces deux adresses serviront de scènes de découverte en attendant la diffusion plus large en réseau cavistes.
Pegasus, une distillerie biologique en Bourgogne
Eau d'Or vient compléter une gamme désormais déployée sur quatre références — la Pegasus Vodka issue de blé bourguignon biologique, l'Orion Gin assemblant cinq botaniques (orange amère, menthe orange, thym citron, verveine citronnelle et monarde), la Minty Liqueur et désormais Eau d'Or. La trajectoire de la maison s'inscrit dans le segment des distilleries indépendantes françaises développées depuis 2018-2020, au confluent du « craft » américain et de la tradition agricole hexagonale. Le contexte bourguignon — Maxime Girardin est lui-même issu d'une famille de vignerons de Meursault — y joue un rôle structurant, à la fois pour le sourcing du blé et pour la lecture de l'eau comme matière première.
L'arrivée d'Eau d'Or marque la première extension de la maison hors du registre classique vodka/gin vers le segment des liqueurs d'agrumes — un terrain que peu de distilleries françaises occupent en propre, et où la concurrence se joue souvent sur l'origine de la matière première. Le pari de Menton est, à cet égard, un marqueur identitaire fort.
Informations pratiques
- Produit : Eau d'Or, liqueur d'agrumes biologique
- Format : 70 cl, 23 % vol.
- Prix marketing conseillé : 39,90 € (la fixation du prix reste à la discrétion du distributeur)
- Distribution : réseau cavistes
- Lancement terrasses : Le Perchoir Porte de Versailles (75015 Paris) et Les Étangs de Corot (92410 Ville-d'Avray) — début juin à fin août 2026




