Louis Vandy lauréat du DOJO 2026

Louis Vandy, bartender au Hôtel George V, a été désigné lauréat de la deuxième édition française du programme DOJO, à l'issue d'une finale organisée le 13 avril 2026 chez Ogata Paris. Le programme, initié par The House of Suntory — le portefeuille japonais du groupe Suntory Global Spirits —, consacre chaque année un bartender pour une création cocktail élaborée autour du whisky Hibiki Japanese Harmony.
Le jury a retenu la proposition de Louis Vandy pour sa précision technique et son équilibre. Sa création, construite autour d'un profil maîtrisé, a été saluée pour sa lisibilité et sa cohérence avec les principes de travail de la Maison. À la clé, un voyage au Japon comprenant la visite des distilleries historiques de Suntory ainsi qu'une immersion dans la scène cocktail locale, notamment à Tokyo.
Un programme structuré autour de trois notions japonaises
Le DOJO n'est pas une simple compétition. Le programme se structure comme un cycle de formation étalé sur plusieurs semaines, conçu comme une immersion dans les valeurs associées à The House of Suntory. Trois notions ont servi de fil conducteur aux sessions organisées entre mars et avril 2026 : le « Wa » (harmonie, équilibre des ingrédients et des textures), le « Monozukuri » (exigence artisanale et savoir-faire, central dans la tradition du whisky japonais) et l'« Omotenashi » (hospitalité japonaise, approche du service centrée sur l'anticipation du geste).
Ces trois principes ont été travaillés à la fois dans leur dimension théorique et dans leurs applications concrètes au bar : construction du cocktail, rituel du service, précision du geste. Cette approche, qui prolonge des codes documentés dès les débuts du whisky japonais par Masataka Taketsuru, père fondateur de la discipline, dessine un cadre de formation plus large que celui du concours stricto sensu.
Une finale chez Ogata autour du Hibiki Japanese Harmony
La finale a été organisée chez Ogata Paris, maison japonaise du 3ᵉ arrondissement qui réunit restaurant, salon de thé et boutique. L'édition 2026 mettait à l'honneur le whisky Hibiki Japanese Harmony, l'expression d'entrée de gamme de la marque Hibiki — un assemblage de whiskies issus des distilleries Yamazaki, Hakushu et Chita, dont le profil combine notes florales, fruits mûrs et bois.
Le format de l'épreuve, baptisé Kaizen Challenge, imposait aux candidats une réinterprétation d'un classique à base de Hibiki Japanese Harmony, avec pour critères la progression aromatique, la précision d'exécution et le sens du détail. Le niveau général de la promotion a été jugé particulièrement élevé, selon le communiqué diffusé par l'organisation.

Onze bartenders issus de la scène parisienne
L'édition 2026 a réuni onze bartenders représentatifs du paysage cocktail parisien, à la fois palaces et bars indépendants. Aux côtés de Louis Vandy, étaient en lice :
- Daniel Leonardo Martinez — Joséphine, Hôtel Lutetia
- Alexia Cristinelli (Le Bar Long, Hôtel Royal Monceau)
- Clément Gourmelen (Bar de l'Hôtel Plaza Athénée)
- Clément Ricoult (Le Bar Botaniste, Hôtel Shangri-La)
- Camille Durrmeyer (Le Bar Kléber, Hôtel Peninsula)
- Louann Bangoura (Little Red Door)
- Valentina Robinet (Bar du Grand Mazarin)
- Julien Brissard (Danico)
- Olwen Gourdeaux (The Cambridge Public House)
- Ophélie Lopez (Bar 8, Mandarin Oriental)
La liste illustre la coexistence de deux mondes cocktail à Paris : celui des palaces, où les bars d'hôtel construisent une signature souvent liée à une politique d'auteur, et celui des bars indépendants, plus mobiles sur les tendances et plus présents dans les classements internationaux type World's 50 Best Bars. La promotion DOJO a fait le choix de les faire travailler ensemble sur un même matériau technique : le Hibiki.
Un encadrement par deux ambassadeurs Suntory
Tout au long du programme, les candidats ont été encadrés par les Brand Ambassadeurs de The House of Suntory : Christophe Davoine, Meilleur Ouvrier de France Barman, et Simon Chollet. Leur rôle consistait à accompagner les bartenders dans l'appropriation des codes culturels et techniques propres à la Maison, tout en laissant la place à la créativité des participants. L'intervention d'un MOF Barman donne à cet encadrement un ancrage fort dans la formation académique française, et dessine un pont entre la tradition européenne du bar et les codes japonais mis en avant par le programme.
Un jury centré sur l'expertise du whisky
La finale a été jugée par trois spécialistes identifiés du whisky et de la scène cocktail :
- Alexandre Vingtier, auteur et journaliste spécialisé dans les spiritueux, membre des jurys des World Whisky Awards (2009-2010) et du concours MOF Barman.
- Amaury Guyot, spécialiste du whisky et du taillage de glace, passé par le Sherry Butt (2012-2024) et le restaurant Dersou (2014-2025) à Paris.
- Frédéric Paolini, fondateur du bar japonais SAKA à Paris.
Ce triplet dessine un jury à dominante « whisky », cohérent avec le parti pris Hibiki de l'édition. La présence de Frédéric Paolini — SAKA est l'un des bars à l'ADN clairement japonais de Paris — ancre par ailleurs le concours dans la scène des bars spécialisés plutôt que dans les seuls palaces.
Un programme mondial pour une nouvelle génération de bartenders
Le DOJO existe dans plusieurs pays, avec un format adapté localement mais des principes communs dérivés du compagnonnage japonais. L'édition française, à sa deuxième année en 2026, s'installe comme un rendez-vous récurrent dans le calendrier des concours de bar parisiens, aux côtés d'initiatives comme The Bartenders Society qui mettent en avant d'autres segments (bartenders de régions, ingrédients locaux, etc.).
Au-delà de la victoire individuelle, le programme vise à structurer une nouvelle génération de professionnels sensibles aux croisements culturels. Les créations présentées pendant l'édition continueront, selon l'organisation, d'exister aux cartes des onze établissements participants — ce qui constitue, en pratique, une forme de prolongement naturel du concours à l'échelle de la scène parisienne.
Photographies Jean-Marie Dufour / Agence Rétines.




